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16 avril 2012 - La Provence Aix - Pays d'Aix

Petite leçon de "politique appliquée" par les militants d'Europe écologie-les Verts

Petite leçon de

Forcément, parler et tenter de faire du buzz à propos d'un chariot-sans... chariot, c'est un peu gênant. Si l'on ajoute au fait que les militants d'Europe Ecologie-les Verts n'ont pu s'en procurer un pour le trimballer dans les rues de la ville, le fait que les visiteurs du marché sont assaillis par les soldats de tous les partis, ça en devient complexe. Pour autant, samedi matin, certaines oreilles pressées, ont écouté (et entendu?) le message des militants.

"Dans cette campagne, on nous parle de pas mal de choses ésotériques!, peste Patrice Halimi, qui même lorsqu'il n'est
"que" militant, se place en leader naturel. Alors que l'écologie c'est très concret. On sauvera peut-être la planète mais il faut déjà se questionner sur comment on vit au niveau local". Alors l'idée de comparer deux chariots a germé.

Le bio, pas réservé aux bobos?

"Deux chariots de produits de gammes équivalentes, pour une famille de quatre personnes pour une semaine. Un chariot bio acheté auprès de la société (logo de ma terre), qui n'est pas une société philanthropique qui fait des prix cadeaux, comparé à un chariot rempli à Carrefour les Milles, continue le docteur.
Les trois priorités des Français sont le pouvoir d'achat,l'emploi et la santé. Alors on a voulu prouver que le bio peut être au même prix que l'industriel, qu'il permet de préserver l'emploi local et donc de développer l'économie locale puisque cet argent gagné par les producteurs du coin sera dépensé ici aussi. Et enfin que l'impact des pesticides soit réduit à néant et limiter les transports". Et Patrice Halimi, ainsi que Geneviève Hamy, la secrétaire EELV du Pays d'Aix, de tendre la facture (que certains ne jugeront pas crédible): 131 euros pour le bio, 134 pour la grande surface.
Alors le bio ne serait pas réservé aux bourgeois bohèmes? "Bien sur que non!, plaide Patrice Halimi. C'est pour tout le monde et surtout ça peut favoriser tout le monde. Ce qu'on fait là c'est de la politique appliquée. La politique des belles paroles, la main sur le cœur, c'est beau mais là on parle de concret".

Et du concret sur la (mal)bouffe, ceux qui en ont le plus besoin, ce sont les étudiants. "La dépense en nourriture est un poste important dans notre budget étudiant, et beaucoup vont faire leurs courses dans les hard discount" explique Damien Zavemik, coordinateur des jeunes écologistes d'Aix-Marseille. "Alors qu'on se rend compte que le bio n'est pas inaccessible et que les Amap (association pour le maintien d'une agriculture paysanne, ndlr) par exemple sont très intéressantes au niveau du prix mais surtout dans le fait que l'on repense, par là, notre modèle économique..."
Romain CAPDEPON