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9 avril 2013 - La Provence

Ma Terrre s'offre un peu d'air

Ma Terrre s'offre un peu d'air

Spécialisée dans les produits bio et locaux, la petite société aixoise a quitté la Tour-d'Aygosi pour un local plus grand, près du stade Carcassonne. Elle y lance une épicerie

(logo de ma terre) se définit elle-même comme une entreprise militante : de l'agriculture bio, de la production locale et d'une consommation active qui prend sa santé et son environnement (au sens aussi bien biologique qu'humain et économique) en main.

Mais hier matin, ce n'était pas le Petit Livre vert que brandissait l'équipe de (logo de ma terre), mais la perceuse et le marteau. À cinq jours de l'inauguration officielle de la nouvelle épicerie bio de la rue Pierre-de-Coubertin (juste après le parking du stade Carcassonne), tout est presque prêt. Mais presque, ça fait encore pas mal de boulot... Il en faudrait plus pour inquiéter Sandrine Catoire, fondatrice et cogérante (avec son frère) de la société de livraison de paniers bio et surtout optimiste impénitente, persuadée que, tant qu'on chemine dans le bon sens, on finit toujours par arriver où on veut.

L'enjeu est pourtant important pour (logo de ma terre). Les nouveaux locaux permettent à la PME de prendre un peu ses aises au niveau administratif. Ils lui permettent surtout d'enrichir encore son offre, en y ouvrant une épicerie bio où l'on trouvera, aux côtés des habituels produits distribués par la société, un nouveau rayon frais : crémerie (oeufs, fromages, lait cru), ravioles de Carpentras, tofu des Alpes-de-Haute-Provence, huiles essentielles corses...

Une page de plus dans l'histoire de cette société pensée et créée en 2004 par Sandrine Catoire, après un parcours varié du théâtre à l'immobilier. (logo de ma terre), c'est mon virage de la quarantaine, confie-t-elle. L'idée de départ, c'était de rendre les gens acteurs de leur environnement et conscients que la santé passe par ce qu'on mange."

L'autre volet du projet, c'est de garder une vraie cohérence bio, en ne distribuant que des produits issus d'une grosse trentaine d'exploitations (et une PME artisanale) du grand Sud-Est. Sandrine Catoire les appelle avec les accents d'une mère poule, "ses" producteurs, dont les plus lointains sont établis en Corse - "Pour avoir des clémentines et des pomelos l'hiver"- ou dans le Gard.
Car si (logo de ma terre) revendique son statut militant, elle tient aussi à la crédibilité économique, condition sine qua non pour faire avancer ses idées.

"On a le respect des producteurs qui mettent du coeur à l'ouvrage. Ici, j'ai neuf salariés, je paye des charges, se félicite Sandrine Catoire. Je ne fais pas ça pour le pognon, mais pour ce que créé cette entreprise."

Tout n'est pas forcément rose au pays du vert et en 2009-2010, la crise s'est aussi fait sentir chez (logo de ma terre). Perte de pouvoir d'achat, crainte en l'avenir: les clients des paniers bio se sont faits plus rares "et on a perdu des ronds ". Une mauvaise passe compensée en partie à l'époque par l'arrivée d'une nouvelle activité: la fourniture de produits bio à différentes cuisines centrales (Trets, Auriol...). "Ça représente moins de 10 % de notre activité, mais ça nous a fait du bien", reconnaît Sandrine Catoire.

Et ma terre continue de tourner.

Guénaël Lemouée